Les Digital Natives: des rats de laboratoire?

1 Mar

Les enfants de la nouvelle génération, communément appelé Digital Natives, grandissent dans une aire où l’accès à un ordinateur personnel et à Internet n’est plus chose rare. À cinq ou six ans, ces bambins savent déjà comment se débrouiller avec un ordinateur et maîtrisent plusieurs jeux vidéo en ligne disponibles gratuitement sur des sites interactifs. Depuis 1978, au Québec, l’Office de la protection du consommateur interdit toute forme de publicité commerciale destinée aux enfants de moins de 13 ans. Aujourd’hui, partout dans le monde, le Web devient une expérience enrichissante pour en apprendre plus sur les consommateurs de demain.

Phase 1 : attirer les cobayes

Les sites Web destinés aux enfants sont de plus en plus nombreux. On y retrouve gratuitement des jeux vidéo, des « Clubs » de membres, des espaces de clavardages, etc. Ainsi, l’enfant peut se créer un compte, jouer et utiliser le « chat » pour être en contact avec les autres membres. Les sites les plus populaires comme Club Pingouins, fondé par deux Canadiens et récemment acheté par Disney, permettent à l’enfant d’adhérer à une communauté fondée expressément pour lui.

Phase 2 : observer les tendances comportementales

On peut penser que ces sites Web sont inoffensifs. Au lieu de regarder la télévision ou de jouer sur une console vidéo, l’enfant visite son site Web préféré et découvre gratuitement un monde virtuel de distraction. Ces faits et gestes sont bien enregistrés par les entreprises qui détiennent les sites, à savoir si tel ou tel jeu est plus populaire, si telle application est souvent utilisée ou si tel personnage semble apprécié. Ainsi, les marketeurs peuvent rapidement accéder à une foule de tendances comportementales chez les jeunes utilisateurs du site, leurs intérêts et leurs préférences.

De plus, on ne se prive pas pour montrer à l’enfant les nombreux avantages qu’il aurait à être abonné à la communauté, de façon payante bien entendu! Si la télévision est strictement règlementée en ce qui a trait à la publicité destinée aux enfants, le Web semble passer sous le silence de cette loi dans de nombreux cas. Considérant que les enfants ont de plus en plus d’influence sur les décisions d’achat de la famille, ces jeux gratuits en ligne ne sont-ils qu’une simple façon de vendre?

Phase 3 : analyser les résultats

Si on récapitule, on a d’abord attiré l’enfant sur un site Web qui lui était destiné. On lui a offert une foule d’attractions gratuites, et l’on a observé ses préférences. On lui a ensuite offert de s’abonner pour lui permettre d’accéder à plus de contenu. C’est donc lui adresser indirectement une publicité et procéder à une collecte de données sur ses comportements et préférences, et ce, sans que le parent n’en soit conscient! Les entreprises comme Disney, qui a racheté Club Pingouins, sont prêtes à débourser d’importantes sommes pour obtenir ces informations et ainsi mieux connaître sa cible pour adapter son offre.

« La publicité a plusieurs visages. Et les plus efficaces sont ceux que l’on ne voit pas. »  Pierre Craig, La Facture, 23 février 2010.

Au lieu de s’afficher, les entreprises passent par un moyen détourné pour être en mesure d’offrir des produits qui répondent aux habitudes et aux intérêts des enfants. La Facture vous propose d’ailleurs un excellent reportage à ce sujet.

Toujours aussi inoffensifs ces sites selon vous?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :