Harcèlement psychologique et cyberintimidation : la revanche des nerds?

19 Jan

Il fut un temps où la loi du plus fort régnait dans la cours d’école. Les plus gros s’acharnaient sur les poids plumes et leur donnaient rendez-vous à « 4 h au rack à bicycles! » Aujourd’hui, les nouvelles avancées technologiques permettent de terrasser un individu sans aucune limite dans le temps et l’espace. Plus besoin d’être le plus fort pour intimider sans crainte de représailles, puisque la cyberintimidation fourni des armes puissantes sous le couvert de l’anonymat.

On répète souvent que les enfants de la nouvelle génération sont nés avec un clavier d’ordinateur entre les mains. Messagerie instantanée, courriel, messagerie texte, sites de jeux et réseaux sociaux : rien n’échappe à ces jeunes qui cherchent à rester en contact permanent avec leurs amis. Cela dit, ces mêmes moyens de garder contact sont désormais exploités pour poursuivre l’intimidation qui sévit entre les murs des écoles. L’organisme Jeunesse, J’écoute a d’ailleurs réalisé un sondage démontrant que 70 % des répondants avaient déjà été victimes d’intimidation en ligne et que 40 % d’entre eux avaient intimidé quelqu’un en ligne à leur tour.

Un clic qui fait mal

La cyberintimidation possède certaines caractéristiques uniques qui lui permettent d’atteindre un niveau de préjudice extrêmement nuisible à la réputation des jeunes. En quelques clics de souris, un jeune peut répandre des informations mensongères ou diffamatoires, partager des photos ou vidéos gênantes et blessantes et même faire des menaces à un autre jeune dans le but de ternir son image. Et le plus beau dans tout ça, c’est que toutes ces actions peuvent être commises sous l’utilisation d’un pseudonyme ou dans l’anonymat le plus complet.

L’intimidation frappe donc plus de jeunes, plus vite et plus fort. Du moins, c’est ce que l’on peut affirmer en considérant la vitesse accélérée du partage d’information sur la toile.

Un nouveau type d’intimidateurs?

Peut-on affirmer que l’on assiste à un changement de paradigme, dans un monde où les petits malingres qui subissaient autrefois les coups des gros durs prennent enfin leur revanche? Ou encore, certaines choses ne changent pas! Aujourd’hui, les parents blâment leurs enfants pour leur consommation du Web et des médias sociaux. Chez la génération précédente, ne réprouvions-nous pas les habitudes des jeunes, considérés dépendants de la télévision et du téléphone? Michelle Blanc mentionne d’ailleurs ces mécanisme de socialisation comparables chez les adolescents d’une génération à l’autre.

Ainsi, les intimidateurs qui tabassaient les plus faibles dans la cours d’école et les cyberintimidateurs qui harcèlent un jeune blessent une personne, que ce soit par la force ou par les mots. Cependant, il reste qu’une réputation brisée au sein d’une école de 200 étudiants s’avère moins contrariante qu’auprès de milliers d’utilisateurs d’un réseau social en ligne. Si je devais choisir, je n’hésiterais pas à me prendre bonne vieille raclée et quelques ecchymoses plutôt que de lire des insanités à mon sujet sur facebook! Les marques physiques finissent par disparaître, mais tout ce que l’on met sur le Web y laisse une trace indélébile.

Hatebook : parce que tout le monde aime détester

Tout le monde connaît facebook, un média social puissant qui permet de garder contact avec ses amis, et ce,  partout dans le monde! Michael Arrington nous dévoile Hatebook, une réplique de Facebook qui à l’inverse permet de partager tout ce que l’on déteste, que ce soit quelqu’un ou quelque chose. Selon vous, une parodie satirique ou une application favorisant la cyberintimidation?

3 Réponses to “Harcèlement psychologique et cyberintimidation : la revanche des nerds?”

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    […] Cyberpresse, près de 70 % des jeunes auraient déjà vécu une forme de cyberintimidation quelconque. Lorsque des photos de filles nues sont impliquées, les effets psychologiques sont […]

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    […] son compte facebook, Un ordinateur dans la chambre à coucher : un loup dans la bergerie? et Harcèlement psychologique et cyberintimidation : la revanche des nerds?, dans la section […]

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